Villa en Guadeloupe : Grande-Terre ou Basse-Terre, les erreurs à éviter

Villa en Guadeloupe : Grande-Terre ou Basse-Terre, les erreurs à éviter

La Grande-Terre est la plus petite des deux ailes de la Guadeloupe, et la Basse-Terre la plus haute. Ce paradoxe des noms amuse les visiteurs à l’arrivée ; il les fait moins sourire quand ils découvrent, une fois sur place, que leur villa se trouve du mauvais côté. Les deux îles du papillon, séparées par un étroit bras de mer, la Rivière Salée, n’offrent pas le même séjour, et la réussite d’une location s’y joue souvent bien avant la taille de la piscine.

Réserver sur la foi des photos, sans regarder la carte

Prenons un cas courant. Un couple réserve une très belle maison à Deshaies, sur la côte sous le vent, alors que son programme tourne autour des lagons de Sainte-Anne, de Saint-François et de la pointe des Châteaux. Chaque journée de plage commence par une longue route et se termine dans la circulation autour de Pointe-à-Pitre. La villa n’y est pour rien : c’est l’emplacement qui était mal choisi.

Avant de regarder une seule photo, il faut donc savoir à quoi ressemble chaque aile. À l’est, la Grande-Terre est un plateau calcaire peu élevé, bordé de plages de sable clair et de lagons protégés par les récifs. Le Gosier, Sainte-Anne et Saint-François en sont les communes les plus touristiques. À l’ouest, la Basse-Terre est montagneuse et volcanique, couverte de forêt tropicale, dominée par la Soufrière et occupée en grande partie par le parc national de la Guadeloupe. Une villa à Saint-François et une maison sur les hauteurs de Bouillante ne promettent pas du tout les mêmes vacances.

Sous-estimer les trajets d’une aile à l’autre

Sur la carte, tout paraît proche. Sur la route, tous les trajets entre les deux ailes passent par l’agglomération de Pointe-à-Pitre, des Abymes et de Baie-Mahault, où la circulation se densifie fortement aux heures de pointe. Relier Deshaies à Saint-François prend bien plus d’une heure, et davantage en semaine. Faire ce trajet une fois pour une excursion reste raisonnable ; le faire chaque jour transforme les vacances en navettes.

Le jour de l’arrivée mérite aussi qu’on y pense. L’aéroport Pointe-à-Pitre–Le Raizet, aux Abymes, se trouve à la jonction des deux ailes : une maison au Gosier ou à Sainte-Anne se rejoint sans trop d’effort après un long vol, une villa à Deshaies ou à Bouillante impose encore une heure de route environ, parfois de nuit. Et en Basse-Terre, beaucoup de maisons sont perchées sur les hauteurs, au bout de routes étroites et pentues qu’il vaut mieux découvrir de jour.

Croire que toutes les plages se valent

Les lagons turquoise des cartes postales se trouvent surtout en Grande-Terre, et ce n’est pas un hasard : c’est là que se trouvent les plages abritées et peu profondes où l’on nage tranquillement. La côte nord-est de cette même aile, vers Le Moule et Anse-Bertrand, est plus sauvage, exposée à l’Atlantique et davantage faite pour le surf ou la promenade que pour la baignade.

La Basse-Terre a d’autres arguments. À Deshaies, la Grande Anse déroule une longue plage de sable doré. À Bouillante, la plage de Malendure, au sable sombre, fait face aux îlets Pigeon et à la réserve Cousteau, un site de plongée et de snorkeling très fréquenté. Ceux qui rêvent de poissons plus que de sable blanc ont donc tout intérêt à regarder du côté de la côte sous le vent, qui est aussi, abritée par la montagne, la partie la plus ensoleillée de cette aile.

Oublier la pluie, et l’eau du robinet

La Basse-Terre est verte parce qu’il y pleut beaucoup, surtout sur les reliefs et sur la côte au vent, vers Capesterre-Belle-Eau. La Grande-Terre, plus sèche, connaît surtout des averses brèves. Pendant l’hivernage, de juin à novembre, les pluies gagnent tout l’archipel et la saison cyclonique impose de suivre la météo ; le carême, de janvier à avril, reste la période la plus sèche.

Autre réalité locale : certaines communes subissent encore des coupures d’eau, parfois longues. Demandez si la maison dispose d’une citerne ou d’une réserve d’eau. La question paraît banale, elle évite bien des matins sans douche.

Partir de ce que l’on veut faire, pas de la maison

La bonne méthode consiste à écrire le programme avant d’ouvrir les annonces. Montée vers la Soufrière, cascades, jardin botanique de Deshaies, plongée dans la réserve Cousteau : tout cela plaide pour la Basse-Terre, idéalement côté sous le vent. Lagons, plages faciles, tables en bord de mer et soirées animées du côté du Gosier ou de Saint-François : la Grande-Terre s’impose.

Une fois l’aile choisie, la commune fait le reste. Sur la page location villa Guadeloupe de Villaveo, chaque maison est rattachée à sa commune, de Saint-François à Pointe-Noire en passant par Le Gosier ou Petit-Bourg : c’est la première ligne à lire, avant même les photos de la piscine. Une carte ouverte à côté permet ensuite de vérifier la distance aux plages, aux sentiers et aux embarcadères : Marie-Galante se rejoint notamment depuis Pointe-à-Pitre, La Désirade depuis Saint-François, et les traversées les plus courtes vers Les Saintes partent de Trois-Rivières.

Pour un séjour de deux semaines, une dernière piste mérite réflexion : couper en deux. Une semaine sur la côte sous le vent, une autre en Grande-Terre, et l’on découvre les deux ailes du papillon sans passer ses journées en voiture. Le changement de maison coûte une demi-journée ; il en fait gagner beaucoup plus.